29 April 2010

La muraille de Berline

Me voilà coincée à Rzepin, ce qui me laisse le temps de raconter mon week-end. Qui connaît Rzepin? C’était jusqu’à peu la ville frontière en Pologne, là où était stationnée la douane polonaise qui contrôlait les trains qui vont de Berlin à Varsovie. J’étais aujourd’hui à Wrocław pour une petite conférence mignonne dans une ville qui n’a pas été épargnée par l’histoire : dominance allemande, puis bohémienne, puis la dynastie des Habsbourg, prussienne, puis destruction à 90% pendant les bombardement alliés (la ville est en Silésie, c’est-à-dire avant la guerre en Allemagne), puis socialisme soviétique, suivi d’une période de transition avant l’arrivée des masses d’argent depuis l’entrée dans l’Union Européenne. Chaque période a planté ses bâtiments, un mélange d’églises romanes, gothiques, baroques, de villas du XIXème, de HLM à la soviétique, de nouveaux bâtiments en verre et de chantiers qui ne dévoilent pas encore leurs formes finales, destinés entre autres à embellir la ville pour son prochain rancard : la coupe d’Europe de foot 2012.
Quant à Rzepin, je ne peux rien dire sur son histoire, je sais juste que notre locomotive est partie sans nous et que le temps qu’une autre locomotive arrive, une locomotive avec un seul phare qui marche, quatre types jouaient au frisbee sur le quai et se sont bien marré. Evidemment un quai de gare, ce n’est pas assez large pour jouer au frisbee, et le frisbee n’arrêtait pas d’aller sur les voies, donc les joueurs aussi.

Après cette longue introduction j’en viens au sujet principal : le week-end dernier. Comme chacun sait il y eut un mur à Berlin, et comme nettement moins de gens savent ce mur ne séparait pas seulement Berlin-ouest de Berlin-est, mais Berlin-ouest de l’ex-Allemagne de l’est (RDA), c’est-à-dire qu’il faisait le tour de Berlin-ouest. A part quelques bouts de mur restés en souvenir (plus précisément, d’abord enlevés dans l’euphorie puis remis contre l’oubli), il ne reste plus qu’une bande de verdure entre les maisons à la place du « no man land ». [Petite parenthèse entre crochets : je ne suis plus à Rzepin en Pologne mais à Francfort/Oder, la ville frontière en Allemagne, et notre train est de nouveau arrêté depuis longtemps, et on nous dit qu’il roulera à vitesse limitée vers Berlin parce que les caténaires ont été volées ! Du coup on rechange de locomotive pour une diesel. Pourvu qu’ils en trouvent une avec deux phares en état de marche. Ah, quelle aventure...]
Depuis quelques années, une piste cyclable a été aménagée dans le « trou ». Le mur faisait environ 160 km de long, et la piste cyclable, qui ne peut pas exactement suivre le mur parce que le mur n’était pas toujours un mur, car parfois un lac ou une rivière faisait la séparation, fait 190 km. On a donc décidé de partir de la Potsdamer Platz, une place qui était vide au moment de la réunification et sur laquelle les gratte-ciel ont depuis poussé comme des champignons, en direction du Nord, et de faire le tour en deux jours.


Le début du tour slalome dans les rues, d’abord le long des classiques touristiques (mémorial de l’holocauste, porte de Brandenbourg, parlement, quartier du gouvernement), puis dans des quartiers plus résidentiels. Plus on va vers le nord, plus il y a de parcs et de verdure et moins il y a de touristes. On croise quelques quartiers d’immeubles, puis de plus en plus de lotissements de maisons individuelles. Beaucoup de gens quittent le centre-ville quand ils commencent à se reproduire pour déménager au vert à la périphérie. A un virage on a fait une courte pause en haut d’une colline qui m’a fait dire « mince, on s’est perdu ! Nous voilà en Suisse ! ». Après quelques inattendues montées et descentes dans le parc national du Barnim on a traversé une forêt, puis longé un long lac avec des longues plages en herbe, et là paf, j'ai crevé. La cause de la crevaison n'a pas été difficile à trouver: un énorme clou planté dans le pneu!


Après avoir réparé avec l'aide de la pompe d'un passant, on a retraversé des forêts avant de faire un détour pour aller manger une glace à Spandau, à côté d’une station de métro de la ligne U7, celle qui mène chez moi. Je ne sais pas qui avait mis tout d’un coup cette station de métro sur le trajet de notre sortie de vélo, en tous cas ça n’allait pas du tout avec les belles forêts qu’on venait de traverser !! Puis on a retraversé des forêts, longé des lacs jusqu’à un point pas spécialement différent des autres où Andreas a poussé un cri du coeur : « Eh, ici était la frontière de Berlin-ouest avant !! » (sans blague !! C’était mon moment préféré du week-end).
On a voulu prendre un ferry pour traverser un lac qui n’avait pas de pont mais en fait non, on a relongé des lacs jusqu’à notre pension, une mignonne maison au bord d’un lac avec une dame un peu folle et très gentille qui nous a demandé mille fois à quelle heure on voulait déjeuner et si on buvait du thé ou du café. Le lendemain matin on était un peu en retard pour le petit déjeuner alors elle a débarqué dans notre chambre. Rigolo. On a déjeuné directement sur l’eau sur un ponton, un vrai petit déjeuner de sportifs avec des tas de trucs bons, en particulier LE toast est-allemand, appelé Karlsbader Schnitt et fait d'une tranche de pain de mie avec des morceaux de pêche au sirop, une tranche de jambon (pour moi sans le jambon) et du fromage gratiné, sur lequel on rajoute une sauce appelée Worcestershire Sauce. Cela montre le principal point commun entre la cuisine est-allemande et l'internationale cuisine étudiante: on fait avec ce qu'on a!


Le dimanche matin on a traversé les parcs et admiré des châteaux de la ville de Potsdam. On avait oublié qu’une course à pied avait lieu le même jour donc on s’est retrouvé coincés sur un pont parmi quelques milliers de coureurs (ok, j’exagère peut-être un peu). Puis on a vu des villas surdimensionnées, avant de longues lignes droites au sud de la ville. A cet endroit, il n’y avait pas de maisons du côté RDA, ce qui fait qu’aujourd’hui la piste cyclable est la frontière entre la ville et les champs. La piste cyclable était une autoroute, on n’était pas les seuls à profiter du soleil radieux pour sortir les vélos. Il y avait plusieurs petites fêtes sur le chemin, des stands avec des gens qui vendaient leur miel et leur artisanat et d’autres qui buvaient des bières et mangeaient des saucisses. Après être passé tout près de l’aéroport de Schönefeld, on a mis le cap vers le nord, longé le canal de Teltow puis slalomé dans la ville (le mur ne prenait vraiment pas le chemin le plus court) avant de se retrouver au point de départ.

Vivement un deuxième tour !

19 April 2010

Leider nicht in die Luft gejagt...

Wer hätte geglaubt, irgendwann von den Launen eines Isländischen Vulkans abhängig zu werden ? Wahrscheinlich nicht meine Schwester, die „leider“ in Urlaub in Kanada stecken geblieben ist.

Mich hat es auch teilweise erwischt, da ich heute morgen nach Brüssel hätte fliegen sollen, um den heutigen Abend mit meiner Schwester in Lille (bei den Ch’tis) zu verbringen und morgen früh nach Brügge zu einer Konferenz weiterzufahren. Mit dem Besuch zu meiner Schwester hat es nicht geklappt, weil es diejenige ist, die weg von Kanada kommt (soweit ich weiß habe ich nur eine Schwester). Aber da Belgien nicht weit weg liegt, habe ich dem Vulkan nicht erlaubt, dass er mich die Konferenz verpassen lässt, und bin mit dem Zug losgefahren. Ihr könnt euch bestimmt vorstellen, dass ich nicht die einzige war die diese Idee bekommen hat.

Der Zug nach Köln war schön voll, aber ich habe Glück bzw. genügend spitzen Ellbogen gehabt um einen Sitzplatz zu finden. Meine Sitznachbarin war eine Ägypterin die in London war und am Freitag von ihrer Dienstreise in Warschau zurück nach hause fliegen wollte. Nachdem sie 24 Stunden in Warschau gewartet hatte hat sie diese Idee endgültig aufgegeben und ist mit dem Zug nach Berlin gefahren. Von da aus ist sie nach Köln gefahren, dann wollte sie nach Brüssel, dann Paris, um dort den Eurostar nach London zu nehmen. Das hörte sich nicht so sinnvoll an, da es in Brüssel einen Eurostar nach London gibt. Aber nein, das ging nicht, anscheinend war es den betroffenen Eisenbahn- oder Fluggesellschaften wichtig, dass sie durch Paris fährt!

In Köln Überraschung, der Zug nach Brüssel war so voll dass wir einen Bus nehmen mussten. Meine Busnachbarin war diesmal eine Berlinerin, die akzentfrei Französisch sprach und in Lyon wohnte. Da ihr Flug Berlin-Lyon einen Halt in Düsseldorf hätte machen sollen, hatte sie von der Lufthansa ein Zugticket bekommen, auf dem stand dass sie durch Düsseldorf fahren musste. Deshalb musste sie bis Köln fahren, und dann nach Brüssel, in der Hoffnung dass sie in Brüssel einen Zug findet, der sie nach Lyon bringt. Natürlich wäre die Reise wesentlich kürzer, wenn sie den direkten Zug Köln-Paris hätte nehmen dürfen, aber nein, so was kam für die Fluggesellschaft nicht in Frage!

Ich erzähle nicht von meinen Nachbarn im dritten Abschnitt mit Zug von Brüssel nach Brügge. Es war eine flämische Familie mit zwei sehr süßen und sehr lauten Mädchen, die sich vom Isländischen Vulkan beim Sonntagsausflug nicht haben stören lassen. Neben ihnen war ein very british Paar von älteren Engländern, die versucht haben, an irgendeinen Belgischen Hafen zu gelangen, um eine Fähre nach England zu finden.

Es war also ein sehenswerter Ausflug! Die Bahnhöfe waren nur Chaos und die Schaffner in den Zügen wussten nicht viel besser als die Passagiere, wie man am schnellsten zum Ziel kommen könnte. Jeder hat sich sein Weg organisiert wie er konnte, unter Berücksichtigung der mehr oder weniger sinnvollen Beschränkungen des Fahrscheins, den er in die Hände gedrückt bekommen hatte. Am Ende ist der Vulkan sehr nachhaltig, da er uns zeigt, dass es ohne Flieger auch geht (also nur, wenn man nicht gerade in Kanada steckt, oder wie mein Kolleg in China). Der Vulkan fördert auch soziale Kontakte, indem er Zeit zum Gespräch mit den Reisenkommilitonen schenkt!

Aujourd'hui, j'ai rêvé, d'avoir les jambes en l'air

Qui aurait crû un jour dépendre d'un volcan islandais? Probablement pas ma soeur, "malheureusement" coincée en vacances au Canada. Trop dure la vie.
Je n'ai pas été complètement épargnée non plus, puisque je devais prendre l'avion ce matin de Berlin à Bruxelles, pour aller passer la soirée avec ma soeur et reprendre la route demain matin pour une conférence à Bruges. Pour la visite à ma soeur, c'est râpé, puisque c'est celle qui est au Canada (vu qu'autant que je sache, je n'ai qu'une soeur). Mais comme la Belgique, ce n'est pas si loin, je n'ai pas voulu permettre au volcan de me faire rater la conférence, donc ce matin je me suis mise en route par le train.

Imaginez-vous bien que je n'étais pas la seule à avoir cette brillante idée. Le train de Berlin à Cologne était bien plein, mais j'ai eu de la chance ou les coudes assez pointus pour trouver un siège. Ma voisine de banquette était une égyptienne qui vit à Londres et qui aurait dû prendre vendredi l'avion depuis Varsovie pour rentrer à la maison. Après 24h elle a définitivement abandonné cette idée et a pris le train pour Berlin, de là pour Cologne, puis Bruxelles, puis elle devait aller à Paris pour prendre l'eurostar pour Londres, ce qui est assez bête puisqu'il y a un eurostar Bruxelles-Londres, mais non apparemment les compagnies ferrovières de je ne sais quel pays ou les compagnies aériennes qui remboursent tenaient absolument à ce qu'elle passe par Paris.

A Cologne surprise, le train pour Bruxelles était tellement bondé qu'ils nous ont renvoyé vers un bus. Cette fois-ce ma voisine était une berlinoise qui parlait français sans accent et vivait à Lyon. Comme à l'origine son trajet en avion Berlin-Lyon faisait une halte à Düsseldorf, la compagnie aérienne (sans vouloir la nommer, Lufthansa) lui a donné en remplacement un billet de train qui exigeait qu'elle passe par Düsseldorf. Pour ça, elle a aussi pris le train pour Cologne puis le bus pour Bruxelles en espérant trouver à Bruxelles un TGV pour Lyon. Comme le TGV direct Cologne-Paris, qui serait beaucoup plus rapide pour rejoindre Lyon, ne passe pas par Düsseldorf, elle ne pouvait pas le prendre. Logique.

Je ne vous parle pas de mes voisins dans le troisième morceau de trajet dans le train entre Bruxelles et Bruges, une famille flamande avec deux petites filles très mignonnes et très bruyantes qui n'avaient l'air nullement dérangées dans leur sortie dominicale par le volcan islandais. A côté il y avait un couple d'anglais very british qui essayaient de trouver un moyen de rejoindre un quelconque port au bord de la Belgique pour prendre un ferry pour l'Angleterre.

Bref, je ne regrette pas la sortie! Les gares étaient un énorme bazar, les contrôleurs dans les trains ne savaient pas tellement plus que les passagers quelles connexions permettaient d'arriver au plus vite au but. Chacun se frayait son chemin comme il pouvait, en prenant en compte les contraintes plus ou moins judicieuses des billets qu'il avait en main. Très développement durable ce volcan, qui nous montre qu'on peut aussi se débrouiller sans les avions (ok, quand on n'est pas coincé au Canada, ou en Chine comme mon collègue). Le volcan attise aussi les contacts sociaux en donnant le temps d'engager la conversation avec les compagnons de galère!

31 January 2010

Et que ça glisse...

- Tu sais ce que je viens de faire?
- Non.
- Je viens de faire du ski.
- Ah ouais? Tu as fait des heures de voiture jusqu'à des montagnes, puis des heures de queue aux remontées mécaniques, pour quelques minutes de descente dans des montagnes déforestées aux paysages massacrés?
- Non pas du tout, je suis allée au ski à pied.
- Hein?? A Berlin?
- Oui, j'ai pris mes ski sur les épaules pour descendre les escaliers, vu que j'habite au 4ème étage j'ai pas osé descendre les escaliers en ski. Puis j'ai marché 50 mètres jusqu'à l'entrée du parc qui est juste en face, j'ai mis les skis au pied et j'ai fait le tour du parc.
- Ah oui, c'est vrai Berlin c'est presque la Sibérie, il y a de la neige tout l'hiver...
- En fait je n'avais jamais vu autant de neige ici, depuis Noël il y a 30 cm de neige et comme il fait froid en continu, ça reste!
- Et il y avait d'autres fous à ski dans le parc?
- J'ai vu deux autres skieurs, au milieu de joggeurs, de promeneurs, de petits et de moins petits sur des luges, de dealers et de tous les gens divers et variés qu'on croise dans le parc.
- Et les tire-fesses dans le parc ils sont bien?
- Si tu continues à poser des questions débiles il va falloir que j'arrête ce dialogue à deux balles.
- Ok, j'arrête.
- Bon bah salut.
- Salut.