17 February 2007

When human beings build mountains... (Inde)

Bijour tout le monde,

Le titre de ce mail se réfère à une visite à la principale décharge de Delhi (ah oui, je commence par le début, pour ceux qui ne savaient pas, depuis dimanche et jusqu’à samedi prochain je suis en Inde à Delhi). Mardi dernier en fin d’après-midi, après une journée remplie de conférence et autres discussions, on a mis nos manteaux sur nos costumes, cravates et tailleurs et on est allé faire un tour à la décharge de Delhi. Eh bien ça valait le détour...

Une telle décharge s’appellerait en France une décharge sauvage mais je ne peux pas employer ce mot ici, puisque ce sont les autorités municipales elles-mêmes avec leurs camion-poubelles qui amènent les déchets. Plusieurs milliers de tonnes par jour. Depuis des années. La décharge a été « inaugurée » dans les années 90 et aurait dû fermer en 2005, mais par manque de solution alternative elle continue à pousser. A l’ouverture de la décharge, les déchets étaient jetés dans un trou d’une dizaine de mètres de profondeur. Puis les déchets ont commencé à être à la même hauteur que le sol et maintenant la montagne fait 30 m de haut sur une superficie de plusieurs hectares.
Et devinez ce qu’il y a juste à côté de la décharge?

Vous pariez pour quoi? Une usine? Oui, il y a une cimenterie mais c’est pas le plus important... Des habitations? Aussi. Mais pas seulement. Un parc naturel? Oui!! Depuis quelques mois la hauteur de la décharge a dépassé le point culminant de la forêt qui est protégée, un symbole! Mais ça n’est pas non plus le plus impressionnant... La solution à la devinette: un hôpital!!!!! Juste à côté! En voilà un endroit bien choisi! Pour les poubellologues débutants parmi vous, une décharge sauvage entraîne des pollutions en tous types: pollutions des eaux souterraines et superficielles -un jus noir, hmmm, quel délice-, pollution de l’air (méthane pour le climat, poussières pour les voisins, autres petits bonheurs pour tout le monde), odeurs alléchantes, et aussi le fait que les déchets s’enflamment tout seuls. En ce moment le temps est beau et agréable, pas excessivement chaud (environ 22° en journée, disons 10-15° la nuit) et les premiers jours on a eu quelques averses courtes mais intenses. Dans ces conditions il y avait déjà quelques incendies par-ci par-là, je n’ose pas imaginer à quoi ressemble la décharge en mai-juin, quand il fait 45° voire plus. Notre collègue indien qui connaît la décharge par tous temps nous a conseillé de ne pas y penser. Son conseil vaut sûrement aussi pour la période de la mousson.

De façon générale la protection de l’environnement laisse à désirer ici. Ce n’est pas une surprise, car faire des efforts pour protéger l’environnement est un truc de riches, un truc de gens qui n’ont pas besoin de lutter pour survivre! Mais une des particularités de l’Inde et des indiens, c’est la franchise. Ils estiment n’avoir rien à cacher, ils ne ressentent pas le besoin de soigner l’apparence. Ils n’ont pas peur de nous envoyer crapahuter dans la boue sur leurs décharges géantes, ils n’ont pas peur de présenter devant leurs invités européens les conséquences catastrophiques de leur gestion presque inexistante des déchets qu’ils produisent en quantités exponentiellement croissantes. C’est une différence énorme avec ce qu’on nous a montré en Chine. C’est rigolo de voir quelles stratégies sont employées dans ces deux pays pour permettre à un bon milliard de personnes de cohabiter. En Chine, homogénéisation et organisation en fourmilière sont de mise. En Inde, chacun pour sa peau, après définition de strictes règles du jeu (acceptation du système hiérarchique, que ce soit par les castes ou ne serait-ce qu’à l’université, valeurs). Les indiens accordent beaucoup d’importance au fait que leur société doit avancer d’elle-même, « organiquement » comme disait le gars avec qui je discutais de ça, que les autorités doivent réguler le moins possible et que la diversité doit être respectée (l’Inde a 17 langues officielles, des tas de religions, d’ethnies différentes). On reconnaît là l’influence anglo-saxonne. Sans donner mon avis, je trouve extrêmement intéressant de comparer les systèmes chinois et indien, complètement différents mais avec un point commun : profondément anti-démocratiques ! Ce qui est intéressant aussi est que dans le cadre du projet, des chinois sont ici en Inde pour voir ça de leurs yeux de chinois (bridés).

Donc me voilà ici depuis une petite semaine. De dimanche après-midi à mercredi on a eu la conférence. C’était sur la gestion des déchets (comment diminuer les quantités produites, recyclage, décharge, gestion de décharges sauvages après fermeture) et c’était très productif, grâce au fait que les indiens n’ont pas peur de parler ouvertement des problèmes qu’ils rencontrent. J’ai présenté mes histoires de déchets électroniques importés illégalement d’Europe et des USA en Inde et j’ai eu des retours intéressants. Cette conférence n’avait rien de comparable avec ce qu’on avait vécu par le même projet lors de la conférence en Chine, où les chinois avaient fait des présentations sur les quelques installations d’incinération et de traitement biologique hi-tech qu’ils ont, mais n’ont parlé qu’entres les lignes de leurs masses de déchets non traités, qui ne sont probablement pas beaucoup moins grosses et problématiques qu’en Inde. Je me souviendrai longtemps de la visite d’une déchetterie supposée sans conséquences sur l’environnement, où les contradictions entre ce qu’on nous a raconté et ce qu’on a vu étaient nombreuses.
Le groupe qui participe au projet est super super sympa (des gens d’universités hollandaises, indiennes, chinoises et allemandes), on s’entend bien et on rigole bien. C’est un groupe mixte, âges variant de 22 à 60 ans, places dans la hiérarchie de petit thésard à vieux professeur, tout le monde est ouvert, content d’être là, on va boire un coup le soir et on refait le monde « sans que le monde ne s’en aperçoive » comme dit la chanson de La Rue Kétanou. Hier on était à Taj Mahal (regardez sous google si ça vous intéresse, c’est pour l’inde ce que la tour Effel est en France, avec des tas de touristes avec leur appareil photo, mais bon, le Taj Mahal est quand même impressionnant), et aujourd’hui je glandouille.

J’ai envie de parler des petites joies du quotidien mais je ne sais pas trop par où commencer !!
D’abord le plus important : la nourriture. C’est le paradis !!!! C’est absolument délicieux !!!!!!!! Ils utilisent des super épices et en tant que végétarien c’est fabuleux, ici quand ils mettent de la viande, c’est-à-dire pas souvent et presque que du poulet, il y a à côté du plat un panneau géant qui dit « Non-vegetarian » ! Pas d’erreur possible ! Le deuxième truc le plus mieux de la vie : dormir. Au-delà du fait que nos folles activités ne nous laissent vraiment le temps de dormir, il se trouve que c’est une mission. D’abord le matelas pue l’humidité et les insecticides, en plus l’université n’est pas loin de l’aéroport, en plus tous les matins à 6h30 un gars passe sonner à toutes les chambres pour proposer du thé, en plus à 7h quand les gens se lèvent ils commencent pas allumer leurs moteurs de voiture, leur télé, leurs enfants et à aller hurler dans la cour, de toute façon les murs sont à peu près aussi isolants que des feuilles de papier, en plus les premiers jours il y a eu des orages impressionnants… Enfin bref, l’un dans l’autre c’est pas forcément évident de dormir ! J’ai de la chance, il en faudrait plus pour m’empêcher de dormir. Mais ce n’était pas le cas de tout le monde.

Jusqu’à aujourd’hui j’étais logée dans une guest house de l’université avec les autres invités «2ème classe» (= les pas professeurs, je vous ai dit, ici ça rigole pas avec la hiérarchie) et aujourd’hui j’ai déménagé dans une résidence étudiante. Je suis dans un état second après toutes ces longues journées très remplies en événements et en émotions. Ce « matin » je me suis levée après une nuit de 12 heures, j’ai fait mon sac, j’ai déménagé à l’autre bout du campus, j’ai eu faim puis je me suis rappelé que c’était normal, vu que ça faisait 24h que j’avais pas mangé. Enfin bref, un peu chamboulant tout ça, c’est l’aventure, j’aime bien.
Pour ce qui est du logement, c’est très luxueux ici. Je ne vous envoie pas de photos, j’aurais peur que vous soyez jaloux. Dans la guest house on était à 2 dans la chambre, avec un joli sol en béton, des jolis murs moisis, un chauffage électrique presque pas bruyant, une super douche et un robinet d’où coulent 3 gouttes d’eau non potable ! Dans la résidence étudiante c’est mieux, on est 3 filles dans plus ou moins 16 m², les 3 lits sont collés les uns aux autres, les toilettes sont dans le couloir, des fois il n’y a pas d’eau, le chauffage n’est point… Ca me fait rire !! C’est chouette, j’ai l’impression d’être revenue au C à l’insa, c’est presque tout pareil à part qu’au lieu d’être 2 par chambre on est 3 ! C’est ce que je voulais de toute façon, je ne voulais pas prendre de chambre d’hôtel, je voulais rester à l’université et vivre comme vivent les étudiants indiens. J’aime pas le luxe, j’aime bien la chaleur humaine et ici pour les deux je suis servie !!
Financièrement c’est valable aussi, j’ai payé 1200 roupies pour habiter là d’aujourd’hui à samedi prochain, soit un peu plus de 20 euros… 3 repas par jour compris. Honnête. Le campus de l’université est très très comparable à l’insa, c’est un microcosme dans une région socialement chaude, les bâtiments ne sont pas vraiment neufs, les étudiants vivent sur place et on y enseigne les mêmes matières qu’à l’insa. D’ailleurs, notre partenaire de projet a passé il y a quelques années quelques semaines à l’insa pour un autre projet et il avait aussi été frappé par la similarité !

Hier on a fait un truc super : on a pris le train pour rentrer du Taj Mahal à Delhi. Toute une aventure ! D’abord dans la gare des tas de gens viennent te parler et mendier et veulent cirer nos chaussures, pas le temps de s’ennuyer. Les enfants mendiants étaient sympas, ils ont bien voulu jouer avec moi alors on s’est bien marré à danser le rock sur le quai. Ils étaient super mignons avec leurs grands yeux noirs rieurs et leurs cheveux en bataille, un peu plus et je les aurais tous adoptés. En suite le train est arrivé, ça a été le bazar, tout le monde veut monter le plus vite possible parce que le train n’attend pas que tout le monde soit monté pour partir. Après on a cherché nos sièges (on était en 6ème classe, la dernière classe où les gens sont assis) qu’on a vite trouvé, mais c’était pas le cas de tout le monde. Il n’y a pas de plan du train dans la gare, donc il faut monter par n’importe quelle porte et traverser tout le train si on n’a pas de chance. Les sièges sont pour 3 personnes avec des petites fesses –un banc comme ça serait pour 2 en Europe-, nous on était un peu tassés, mais moins que les gens d’en face qui étaient à 4 puisque comme ça, spontanément, ils ont fait de la place à une dame qui n’avait pas de réservation. C’est pas dans le métro à Berlin que ça arriverait ! Les toilettes sont des toilettes turcs, par le trou on voit les cailloux qui défilent. Les portes sont ouvertes, c’est mieux pour aérer, et les fenêtres ont des barreaux mais pas de carreaux. A l’arrivée (une petite heure de retard, normal) on s’est fait sauter dessus par quelques dizaines de chauffeurs de taxi et celui qui a gagné le droit de nous emmener a d’abord commencé par frimer et se moquer pendant 5 minutes de ses collègues qui avaient perdu !!
De façon générale on ne passe pas inaperçu, même moi malgré ma petite taille, ma peau mate et mes cheveux et mes yeux noirs ;-). Mais contrairement à mes appréhensions, ça ne me gêne pas plus que ça ! Les gens s’intéressent vaguement mais ils vaguent surtout à leurs propres occupations et ne restent pas scotchés sur nous. Et le plus important : on n’a pas peur dans la rue. Je ne crois pas que la probabilité de se faire voler dans la rue soit tellement haute en Inde, et la probabilité de se faire agresser est encore moindre. Les gens sont cools, soit occupés, soit assis ou accroupis à l’indienne, avec les talons sur le sol dans une position que beaucoup d’européens ne peuvent pas tenir. Ici les gens pauvres ne fument pas, ne boivent pas et ne mangent pas de viande. Inhabituel!
Les animaux aussi ne sont pas stressés, les chiens se promènent comme ça dans les rues mais on voit à 100 m qu’ils n’y a aucun danger de se faire mordre, les voitures zigzaguent autour des vaches impassibles, les cochons et les chèvres observent, les chameaux tirent des chariots… la vie est belle. Les couleurs sont magnifiques et les gens aussi, surtout les femmes dans leurs sari multicolores (Pierre, je te comprend mieux maintenant ;-) )(Pierre Frébourg, pas le Pierre de
Betty !). Ce que je n’aime pas faire ici: acheter des trucs. Les vendeurs commencent par donner un prix aberrant et il faut négocier pour baisser, j’aime pas du tout. En fait je m’en fiche de payer les trucs 1,3 ou 1,7 euros, mais si on ne négocie pas on passe pour un con et ça ne rend pas service aux indiens de les laisser se sentir libre d’entuber les étrangers autant qu’ils veulent. Je déteste cette situation parce que c’est dur de savoir quel est le prix au-delà duquel c’est vraiment exagéré et celui en dessous duquel le vendeur ne pourra pas nourrir sa famille. Depuis hier mes collègues européens sont partis donc dans le futur il faudra que je m’occupe moi-même de négocier. Pour le programme des jours prochains, je pense sortir et faire des trucs une demie-journée par jour et bosser l’autre demi-journée. Mes 2 collocs dans la chambre sont très gentilles et les voisines et autres filles de la résidence aussi, ici c’est chaleureux, les gens se parlent. Contrairement à ceux que beaucoup de gens en Europe pensent, seulement 3 % des indiens parlent anglais. Evidemment, à l’université ils parlent tous anglais mais entre eux ils parlent hindi. Pour survivre j’ai appris à dire en hindi deux trucs importants : « la nourriture est délicieuse » et « je suis étrangère, pas idiote » (pour cette deuxième phrase il y a encore du boulot, le mot « idiot » comporte deux sons bizarres que j’ai du mal à prononcer et les gens ne me comprennent pas à tous les coups!). Cette phrase fait son effet, ça fait rire les gens qui viennent essayer de nous vendre des trucs.

Lundi midi j’ai rendez-vous avec un haut placé du service environnement de Delhi, on devrait parler poubelles, super ! Je vais aussi voir plusieurs fois une thésarde de l’université d’ici qui travaille aussi sur les déchets électroniques. Le Highlight de la semaine sera a priori vendredi. On ira voir les gens qui « recyclent » les déchets électroniques à grand coup de seaux d’acide puissant et d’incinération de produits toxiques en plein air. La thésarde m’a demandé si je voulais vraiment aller voir ça et m’a prévenu que ça ne serait pas un bon moment. Je n’en doute pas, mais j’aimerais quand même bien aller voir. Oups, je me suis un peu lâchée, le mail est un peu long !

Bisous à tous, j’espère que ça va bien là où vous êtes,
Perrine

When human beings build mountains... (Indien)

Hallo,

Der Titel der Email bezieht sich auf der Besichtigung der größten Deponie in Delhi, die wir am Dienstag gemacht haben. Nach einem langen und vollen Konferenztag haben wir über unsere Anzüge und Kostüme unsere Jacke angezogen und wir sind zur Deponie gefahren. Es war sehenswert…
In Europa könnte man eine solche Deponie als « wilde Deponie » bezeichnen aber das Wort kann man in Delhi nicht wirklich verwenden, weil die Abfälle von der Gemeinde selbst mit öffentlichen Müllfahrzeugen dorthin gebracht werden. Mehrere Tausende Tonne pro Tag! Seit Jahren. Die Deponie wurde in den Neunzigern « eröffnet » und hätte 2005 geschlossen werden sollen, wenn es eine andere Alternative als diese Deponie gegeben hätte. Als die Deponie eröffnet wurde, wurde der Müll in ein 10-Meter-tiefes Loch geworfen. Dann waren die Abfälle auf dem Niveau des Bodens, jetzt ist das Müllberg 30 Meter hoch über viele Hektare. Und was denkt ihr, dass es neben der Deponie gibt?? Eine Industrie? Ja, es gibt ein Zementwerk aber das ist noch ok. Einen Wohngebiet? Ja, auch, aber nicht nur ! Ein geschütztes Naturgebiet ? Ja ! Einen geschützten Wald gibt es nebenbei! Symbolisch ist die Mülldeponie seit einigen Monaten höher als der höchste Punkt des Walds! Aber das ist noch nicht das schlimmste! Direkt nebenbei gibt es ein Krankenhaus!!!!!!!!!!!!!!! Gut ausgewählter Ort oder??
Wie ihr vielleicht wisst, wilde Deponien verursachen unterschiedliche Verschmutzungen, wie Oberfläche- und Grundwasserverschmutzungen (einen leckeren schwarzen Saft), Luftverschmutzung (Methan für das Klima, Staub für die Nachbar, andere Gifte für alle), Geruch, Selbstentzündung der Abfälle und Brände. Zurzeit ist das Wetter schön und angenehm (ungefähr 22° tagsüber, 10 bis 15° nachts) und am Anfang der Woche gab es einige kurze und kräftige Regenschauer. In diesen Bedingungen haben wir schon Feuer gesehen, dann kann ich mich nicht vorstellen, wie die Deponie im Mai oder Juni aussieht, wenn die Temperatur 45° oder sogar mehr beträgt. Unser Projektpartner aus Delhi, der die Deponie bei allen Wettern kennt, hat uns geraten, daran nicht zu denken… Sein Rat gilt bestimmt auch für die Regenzeit im Sommer…

Im Allgemeinen lässt der Umweltschutz hier zu wünschen. Das ist keine Überraschung, weil der Mensch sich nur für die Umwelt interessiert, wenn er nicht fürs Überleben kämpfen muss. Aber eine der Besonderheiten der Inder ist ihre Ehrlichkeit. Sie denken nicht, dass sie unangenehme Sachen verstecken sollen und dass sie die Oberfläche und die Erscheinung pflegen müssen. Sie haben keine Angst, mit uns über ihren riesigen Müllbergen spazieren zu gehen, sie haben keine Angst, sich mit ihren ausländischen Eingeladenen über die katastrophalen Auswirkungen ihrer kaum existierenden Abfallwirtschaft zu unterhalten. Das ist eine riesige Unterschied damit, was sie uns in China gezeigt hatten. Es ist lustig, zu versuchen, die Strategien zu verstehen, die angewandt werden, um zu ermöglichen, dass mehr als eine Milliarde Leute zusammen wohnen können. In China wird Homogenität und Ameisenhaufenorganisation gefordert. In Indien muss jeder um sein eigenes Überleben unter Erfüllung strenger Spielregeln kämpfen (Respekt des Hierarchiesystems –Kasten oder einfach an der Uni-, Werte). Die Inder finden, eine Gemeinschaft muss sich intern, von sich selbst, organisch wie unser indischer Kolleg sagt, entwickeln und der Staat soll möglichst wenig in diese Entwicklung eingreifen. Die Vielfalt, die Heterogenität muss respektiert werden, deswegen hat Indien 17 offizielle Sprachen, jede Menge Religionen und Ethnien. Da haben die Engländer bestimmt eine Rolle gespielt. Ich äußere meine Meinung nicht aber finde interessant, festzustellen, das die chinesische und indische Systeme so unterschiedlich sind aber dass sie eine Gemeinsamkeit haben: sie sind beide gar nicht demokratisch! Das ist auch interessant, sich darüber mit den chinesischen Freunden des Projekts zu unterhalten.

Jetzt bin ich seit einer Woche hier. Von Sonntag Nachmittag bis Mittwoch war die Konferenz. Das war über Abfallwirtschaft (Abfallvermeidung, -reduzierung, -recycling, Deponien) und war sehr produktiv, hauptsächlich weil die Inder so hemmungslos über ihre Probleme reden. Ich habe über illegal aus Europa und Amerika nach Indien exportierten Elektroschrott geredet und habe interessante Feedbacks gekriegt.
Die Gruppe von Wissenschaftlern aus Unis in den Niederländern, China, Indien und Deutschland ist bunt und nett. Es wird viel gequatscht und gelacht. Die Leute sind zwischen 22 und 60 Jahren alt, vom kleinen Doktorand zum alten Professor sind alle nett, offen,froh, da zu sein. Abends gehen wir was trinken und wir sprechen über die Welt, „ohne dass die Welt es merkt“ (das ist der Text eines netten Lieds aus Frankreich).

Über den Alltag hier… (es gibt viel zu erzählen !)
Erstmal das Wichtigste überhaupt: Das Essen. Hier ist der Paradies!!! Das Essen ist voll super lecker! Sie verwenden geile Gewürze und als Vegetarier erlebt man einen Traum, weil wenn es Fleisch gibt, was nicht so oft passiert, gibt es einen riesigen Schild: „Non-vegetarian“! Missverständnis ist unmöglich! Das zweite beste Ding der Welt: Schlafen. Davon abgesehen, dass wir eh kaum Zeit zum Schlafen hatten, war es nicht so einfach. Die Matratze stinkt nach Feuchtigkeit, die Uni ist nicht weit vom Flughafen, um 6:30 Uhr kommt jeden Morgen jemand, der „Morning tea“ anbietet, um 7:00 Uhr stehen die Leute auf und schalten ihre Autos, ihre Fernsehen und ihre Kinder ein, die Wände sind ungefähr so lärmdicht wie Papierblätter, in den ersten Nächten gab es kräftige Gewitter... Nicht so ruhig!! Zum Glück reicht es mir nicht aus, ich konnte trotzdem schlafen. Das war nicht für alle der Fall. Bis heute habe ich im Guesthouse geschlafen, wie alle andere „zweite-Klasse“-Eingeladene (= die nicht Professoren, wie gesagt ist in Indien die Hierarchie sehr stark!) und heute bin ich in einen der Frauenstudentenwohnheime eingezogen. Ich fühle mich durcheinander durch die letzten ereignis- und emotionsvollen Tage. Heute „Vormittag“ bin ich nach einem 12-Stunden-Schaf aufgestanden, habe gepackt, bin umgezogen und habe festgestellt, dass ich hungrig war. Dann habe ich mich daran erinnert, dass ich seit fast 24 Stunden nichts gegessen hatte. Alles ist ein bisschen chaotisch, es macht Spaß!

Bezüglich Wohnens ist alles nur Luxus ist! Ich schicke euch keine Fotos, sonst würdet ihr neidig. Im Guesthouse waren wir zur zweit in einem Zimmer, mit einem schönen Beton-Fußboden und einer tollen 3-Tropfen-Dusche. Im Studentenwohnheim ist es noch lustiger. Hier schlafen wir zu Dritt in einem 16-quadratmeter-Raum, die drei Betten stehen direkt aneinander, Toilette gibt es im Gang, manchmal gibt es kein Wasser und Heizung gibt es nie. Es ist lustig, ich lebe wieder, wie ich an der Uni in Frankreich gelebt hatte. Der Campus in Frankreich ist mit dem Campus hier absolut vergleichbar. Die Studenten wohnen darauf, außer dass wir in Frankreich 2 und nicht 3 Studenten pro Zimmer waren. Ich mag kein Luxus und ich mag menschliche Wärme, hier ist es für beide mehr als ok!! Finanziell ist es auch akzeptabel: 1200 Roupies, etwas mehr als 20 Euros, für 9 Tage inklusiv 3 Essen pro Tag. Es geht noch gerade.

Gestern haben wir was tolles gemacht: wir haben den Zug vom Agra (wir haben der Taj Mahal besichtigt, guckt unter Google wenn ihr wollt, dass ist der indische Eifel-Turm oder der indische Brandenburger Tor je nachdem) nach Delhi genommen! Ein Abenteuer ist es!
Zuerst kommen im Bahnhof jede Menge Leute zu den Ausländern, um uns anzusprechen, um zu betteln oder um die Schuhe zu putzen. Es gibt keine Zeit zum Langweilen. Die Bettelkinder sind ganz nett, sie haben akzeptiert, mit mir zu spielen und wir haben viel Spass daran gehabt, auf dem Bahnsteig Rock’n’Roll zu tanzen. Die Kinder sind super süss mit ihren schwarzen Augen und ihre stehende Haare. Ich hätte sie fast gleich adoptiert. Dann kam der Zug und es war ein großes Chaos. Man muss möglichst schnell einsteigen, weil der Zug nicht wartet, bis alle eingestiegen sind, um loszufahren. Dann haben wir unsere Sitze gesucht (wir hatten Sitzplätze in der 6. Klasse, die letzte Sitzklasse), die wir schnell gefunden haben aber das war nicht für alle der Fall. Da es keinen Zugplan gibt steigt man durch irgendwelche Tür ein und läuft durch den ganzen Zug durch, wenn man Pech hat. Durch den ganzen Zug laufen sowieso ständig viele Leute durch, die Essen und Trinken verkaufen. Es wird ziemlich voll. Die Bänke im Zug sind für 3 Leute mit kleinem Hinter und es war etwas eng, aber nicht so eng wie die Leute auf dem Bank vor uns, die zu viert waren und spontan einer Frau, die keine Reservierung hatte, angeboten haben, mitzusitzen. So was könnte nicht in der U-Bahn in Berlin passieren! Die Toiletten sind sehenswert, die Türe bleiben während der Fahrt auf und die Fenster haben keine Glasscheiben, sondern Metallstange. Im Ankunftsbahnhof (eine Stunde Verspätung, normal) sind wir wie immer von vielen Taxifahrern angegriffen worden. Der, der uns „gewonnen“ hat, hat sich 5 Minuten lang über seine Kollegen lustig gemacht, die „verloren“ hatten.
Im Allgemeinen können wir nicht unauffällig rumlaufen, ich auch nicht, trotz meiner kleinen Körpergröße, meiner dunklen Haut, meiner schwarzen Haaren und Augen ;-). Aber es stört mich nicht so, wie ich es gefürchtet hatte. Die Leute sind ein bisschen interessiert, starren uns kurz an und dann machen sie ihre Dinge weiter. Es ist völlig in Ordnung. Und das Wichtigste: Es macht mir keine Angst. Es sieht alles ungefährlich aus. Die Leute sind relax, beschäftigt oder einfach sitzend oder in der indischen Art hockend (mit den Fersen auf dem Boden, das können viele Europäer nicht). Hier rauchen und trinken die armen Leute nicht, was in der Welt nicht so üblich ist! Auf der Strasse haben die Tiere auch kein Stress. Die Autos müssen um die Kühe herum fahren, die Hunde laufen friedlich rum, die Ziegel beobachten, die Kamellen müssen arbeiten. Die Farben sind schön und die Menschen auch, besonders die Frauen in ihren farblichen Sari. Was ich nicht mag, ist kaufen: Man muss verhandeln, ich hasse es. Es ist mir völlig Wurst, für ein Ding 1,3 oder 1,7 Euro zu bezahlen. Aber wenn man nicht verhandelt, macht es den Indern keinen Gefallen, weil sie sich nicht frei fühlen sollten, von den Ausländern immer viel Geld zu verlangen und sie für dumm zu halten. Es ist schwierig abzuschätzen, unter welchem Preis der Verkäufer kein Geld mehr für seine Familie hat und ab welchem Preis es übertrieben ist. Seit meinen Kollegen seit gestern weg sind, muss ich jetzt leider selbst verhandeln! In den nächsten Tagen habe ich vor, einen halben Tag pro Tag spazieren zu gehen und der Rest der Zeit zu arbeiten. Meine beiden Mitbewohnerinnen sind ganz nett, die Nachbarinnen und die anderen Studentinnen im Wohnheim auch. Die Leute lächeln und sprechen miteinander, es ist ganz entspannt und angenehm. Sie sprechen immer Hindi (außer mit mir, Englisch können sie natürlich auch). In Hindi kann ich jetzt zwei wichtige Dinge sagen: „leckeres Essen“ und „Tourist, aber nicht dumm“. Den zweiten Satz kann ich noch nicht gut, weil es drinnen zwei unaussprechbare Töne gibt. Aber wenn die Leute mich verstehen, funktioniert der Überraschungseffekt mit den vielen Straßenverkäufern wunderbar!

Am Montag treffe ich einen Typ aus der Umweltabteilung der Stadt Delhi (doch, doch, die Abteilung gibt es!). Es sollte spannend sein. Ich werde auch eine Doktorandin der Uni hier treffen, die auch mit Elektroschrott arbeitet. Der Highlight dieser Woche soll am Freitag sein. Ich möchte die „Straßen-E-Schrott-Recycler“ treffen, die ohne irgendeine Arbeits- oder Umweltschutzmaßnahmen mit offener Verbrennung und Säurebaden Metall rückgewinnen. Die Doktorandin hat mich gefragt, ob ich wirklich hin möchte und hat gewarnt: Es wird hart sein. Das bezweifle ich nicht.

Die Email war lang! Ich schicke euch viele liebe Grüße aus Delhi, hoffentlich geht es euch gut,
Perrine